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Croyances populaires
Autour des grottes et des gouffres, un halo de mystère a toujours été
présent. Dans l’imaginaire collectif de la société, les ténèbres constituent
le lieu privilégié des «jiîns», des monstres et des animaux fantastiques,
tel les dragons… . Nombre de mythes et légendes ont pour cadre des grottes
sombres et difficilement accessibles.
Un
exemple typique au Liban est représenté par le mythe phénicien d’Adonis
et d’Astarté émanant de la grotte de Afqa ; cette falaise qui ouvre
grand sa bouche pour inonder de ses eaux la terre et la féconder. A l’époque
romaine, ce mythe a pris beaucoup d’importance notamment avec la construction
du temple d’Astarté, déesse de la fécondité, dont subsistent les ruines
face à l’entrée de la grotte. Les croyances populaires engendrées par
ce mythe sont fréquentes de nos jours. Il est en effet habituel de trouver
des vêtements accrochés à proximité du temple, posés là par des femmes
effectuant un vœu de fertilité.
La
recherche de trésors spectaculaires pousse les individus à explorer les
grottes, malgré les sentiments de crainte : « Le
trésor est gardé par des « jiîns » ; si tu essaies
de t’en emparer tu ne sortiras pas de là vivant»
(Houet el-Hokbane à Chmestar).
Quelquefois, des présomptions stipulées par les gens du
pays affirment que telle cavité peut mener à tel autre village.
D’autre part, certains phénomènes naturels qui se produisent dans les
cavités trouvent auprès des villageois des explications non scientifiques.
Au 18ème siècle, le gouffre de Houet el Chitâne à Mrouj possédait un mur
en parpaing obstruant l’entrée (Spéléorient II, p.p. 77-82) : « La
masse des eaux faisant effort, l’obstacle creva tout à coup avec une explosion
semblable à un coup de tonnerre ; la réaction de l’air comprimé fut
telle, qu’il en jaillit une trombe d’eau à plus de deux cents pas sur
une maison voisine ». Les habitants des alentours ont
relié ce phénomène à un meurtre récent commis dans le gouffre. Un autre
exemple de même type a pour cadre l’ermitage de Mar Sarkis dans la Vallée
de la Qadisha (Spéléorient I p.p. 21-26) où un effondrement naturel avait
provoqué la mort de l’ermite Elisha al-Hadathi à la fin du IVème siècle.
Il ne faisait pas de doute pour ses contemporains qu’il s’agissait d’un
signe de colère divine provoqué par ses pratiques hérétiques.
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Diversité d’utilisation
des grottes
L’idée
de fécondité, de renaissance a incité l’homme à enterrer ses morts dans
des grottes. La découverte d’un squelette humain datant de l’âge du Bronze
dans la grotte de Qashqoush à Jiîta atteste de ces croyances. D’autres
foyers ont été également identifiés, associés à des murets disposés en
rond (grotte Nabaa el Chatawi). Le matériel céramique qui y a été découvert
est daté de l’âge du Bronze Moyen ou de l’âge du Bronze Récent (Liban
souterrain N° II p.46, AL Out’ Ouate n.s, N° I p.18 et N° 7/8 p.16).
Lieux d’inhumation ou refuges, les grottes recèlent à des
époques plus proche de nous, sur leurs murs des représentations figurées.
De l’époque byzantine, sont conservées des peintures murales
où apparaissent les figures des saints (Ermitage Mar Semaan, Spéléorient
II, p.p. 72-76).
La période médiévale est, quant à elle, particulièrement
riche en représentations notamment de caractère religieux, sur les murs
des grottes. De nombreux exemples illustrent cette période :
-
figures
humaines, motifs géométrique (Mar Semaan ; Aassi Hawqa, Liban Souterrain
1, 1988 ; l’ermitage chapelle Mar Jirjis, Spéléorient I, p.p.
81-84).
- Motifs animaliers (Mar Assia ; Mar Youhanna, Spéléorient I
p.p.27-39).
- Motifs chrétiens (Deir el Salib).
- Inscriptions syriaques (Mar Semaan), arabes (Aassi Hawqa), guéze
(Mar Asia), … .
Durant la période médiévale marquée par des conflits religieux
et des invasions militaires, l’utilisation des grottes comme refuges semble
convenir aux populations locales (Aassi Hawqa, Aassi el Haddath, Bint
el-Malak Tous à Qadisha – Berytus XXXIX,p.p. 180-181 ; Fakhr el dine
à Jezzine – Berytus XXXIX, p.p. 183 ; Seif el-Daoulé à Baskinta,
…).
Outre l’aspect de refuge, les grottes constituent également des postes
de guet naturels, ou des lieux propices à cacher des provisions ainsi
qu’attestées à l’époque Ottomane (gouffre el Hawayej à Saki-Lassa, Spéléorient
I, p.p. 89-91).
Aujourd’hui, les grottes servent des causes moins nobles, comme celle
de collecter les égouts, les déchets multiples, et même des cadavres.
Pourtant, dans les hauts plateaux loin des agglomérations urbaines, certaines
caves sont des réservoirs de neige (Houet el Hamra à Jurd Ehden, Spéléorient
II, p.p. 25-26) tandis que d’autres sont idéales, de part leurs conditions
climatiques, à l’entreposage et à la conservation de fromage confectionné
par les bergers des alentours (Magaret el-Terrache à Hrajel, Spéléorient
I, p.p. 59-61).
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Découvertes spéléologie
/ archéologie
Préhistoire
- Mar Challita à Qnat (Spéléorient I, p.p.40-50), outils en silex
taillé, de type moustérien.
- Abou Aassi à Metrit (Spéléorient II, p.p. 83-86), silex est associé
à des fragments osseux.
- Les grottes de Adloun au Liban sud.
- Ksar Akil à Antélias Le plus ancien témoin de l’Homo sapiens sapiens.
- La grotte de Nabaa el-Mghara à Hrajel silex du type Levallois et
autres mélangés à des ossements datant du Néolithique (Al Ouat’Ouat
n.s. VI p.p. 54-63).
Age du Bronze
- Qashqoush à Jiita(Liban Souterrain No II p.46, Al Ouat’Ouat n.s.,
No I p.18, No7/8 p.16).
- M. Mar Hanna (céramique Age du Bronze Ancien et Moyen), Liban Souterrain
III p.p.6-12, Berytus XXXIX, 1991, p.181.
- M. Roueiss.
- M. Mar Challita – Qnat (pointe de flèche en cuivre + céramique de
l’Age du Bronze), Spéléorient I, p.p.40-50.
- M. Nabaa El-Chatawi – Kallet Khazem.
- M. Abou Aassi - Matrit, Spéléorient II, p.p. 83-86.
M.
Hourieh – Karm Saddeh, Casa de Zghorta - (Liban Nord) :
- Découverte archéologique exceptionnelle dans la grotte el-Hourriyé
(Karm Saddé), Liban Nord en 2000
- Réalisation en Août / Septembre 2001 de la première phase de
la fouille archéologique conjointe ALES/DGA dans la grotte el-Hourriyé
(Karm Saddé) grâce au projet de partenariat entre le secteur privé
(Europtima S.A.R.L. membre d’Optimum Group – Via Liban, Monastère
de Hamatoura, Fares Foundation et M. Pierre el Daher) et le secteur
public (les municipalités suivantes : Karm Saddé, Ras Kifa,
Zghorta et la Fédération des Municipalités de Zghorta)
- Etude du matériel en 2002 : céramiques, ossements humains
et animaliers, bois et matière organique
Age du Fer
- M. Mar Hanna, Liban Souterrain III p.p. 6-12, Berytus XXXIX, 1991,
p.181.
Epoque Romaine
M.
Mar Hanna, Liban Souterrain III p.6-12, Berytus XXXIX, 1991, p.181.
- M. Mar Challita – Qnat (Romaine tardive 4ème 6ème siècle), Spéléorient
I p.p.40-50.
- M. Hamatoura (culte), Spéléorient I, pp 72-75.
- M. Aassi Haouqa, (rares tessons Romaines), Berytus XXXIX, 1991, p.180.
- M.Bint al-Malak (Rom, 1er siècle ap. J.- C.), Berytus XXXIX,
1991, p.180.
- M. Assi El-Hadath (Rom, 1er siècle ap. J.- C.), Berytus
XXXIX, 1991, p.180-181.
- H. Zeraaya (contexte Romain), Spéléorient II, p.p.87-91.
- H. Qalaat al-Hamra (contexte Romain), Spéléorient III, p.p.56-57.
Epoque Médiévale
- M. Kfar Zabad (cachette), Berytus XXXIX, 1991, p.181-1983.
- M. Fakhr el-Dîne – Jezzine (forteresse-refuge), Berytus XXXIX, 1991,
p.183.
- M. Mar Hanna – Aqoura (refuge ou poste de guet), Liban souterrain
III, p.6-12 ; Berytus XXXIX, 1991, p.181.
- E. Chir ar-Rahib (abri), Berytus XXXIX, 1991, p.181.
- M. Mar Challita (refuge) – Qnat, Spéléorient I p.p.40-50.
- E. Mar Antonios – Saqiat al Hayt, Spéléorient II, p.p.69-71 ;
Berytus XXXIX, 1991, p.181.
- E. Mar Semaane – Saqiat al Hayt (fresques), Spéléorient II, p.p.72-76.
- M. Wadi El-Hadid, Spéléorient I p.p. 62-64.
M.
Hamatoura, Spéléorient I, p.p. 72-75.
- H. el Maqtaleh.
- M. Nabay.
- M. Seif El-Dawlé.
- Les grottes de la vallée de Qadisha :
- M. Aassi Haouqa (insc. arabe , forteresse-refuge) Liban Souterrain I,1988 ;
Berytus XXXIX, 1991, p.180.
- M. Seidet Haouqa (monastère + ermitage + refuge), Berytus XXXIX,
1991, p.180.
M.
Mar Aboun (monastère) Spéléorient I p.p.14-20.
- M. Mar Sarkis (ermitage et grotte- chapelle) Spéléorient I p.p.21-26.
- M. Mar Assia (ermitage + inscription et fresque éthiopiennes)
Spéléorient I, p.p.27-38.
- M. Mar Youhanna – Hadshit (fresques) Spéléorient I p. 39.
- E. Mar Jirjis (monastère fresques) Spéléorient I p.p.81-84.
- M. Bint al-Malak (refuge ou poste de guet), Berytus XXXIX, 1991,
p.180.
- M. Assi El-Hadath (forteresse- refuge), Berytus XXXIX, 1991,
p.180-181.
Epoque Ottomane
- H. el-Hawayej (refuge et lieu de cachette), Spéléorient I, p.p. 89-91.
- H. el-Chîtane (assassinat), Spéléorient II, p.p.77-82.
Divers
- H.
el-Soueiq – Nabi Khaled - Qammoua, AL Out’ Ouate n.s. 11, fiche technique.
- M. El-Hawa – Btellaye, Jord Ehden (terrasses artificielle=> refuge ?),
Spéléorient II, p.p. 42-47, AL Out’ Ouate n.s. I, p.p. 21-25.
- H. Zeraaya (ossements humains + poterie).
- M. El-Mhadded (poterie), Spéléorient III p.p. 59-61.
- M. Tartej (ossements humains).
- Deir es-Salib – Bqufa, Ehden (chapelle rupestre), Spéléorient II,
p.p. 62-64.
- H.Qalhat.
- M. Mar Challita – Qnat (ossements humains), Spéléorient I p.p.40-50,
AL Out’ Ouate n.s. No11 p.p. 62-63.
- H. Rached (assassinat), Spéléorient III p.p.30-31.
- Blaitat – Mrouj (grenades, mines, bombe à gaz).
- H. Aaiha – Rachaya (mines antichars + roquettes), Spéléorient III,
p.p.4-7.
- H. Ras Osta (grenades, mines antipersonnelles, débris de vêtements
militaires), Spéléorient III p.p.30-31.
- M. El-Terrache (fromage), Spéléorient I, p.p.59-61.
- H. Abou Mahmoud – Qehmez : squelette, AL Out’ Ouate n.s. VI p.93.
- H. el-Hamra – jurd Ehden (réservoir de neige pour les bergers en été),
Spéléorient II, p.p. 25-26.
- Les carrières souterraines (Collège St SEVERIUS à Moussaïtbé), Spéléorient
III p.p.25-29.
- Les mines de fer à Marjaba et de lignite à Bzebdine.
- Paleospéléologie
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