Les cavités de l’endokarst au Liban

 

Voilà près de 60 ans que les spéléologues libanais explorent les grottes et gouffres des Monts Liban, et on peut estimer à plus de cinq cents le nombre de cavités recensées. Beaucoup d’entre elles ne sont que des abris sous roche de faible développement ou des puits de quelques mètres de profondeur. Leur intérêt n’est pas moindre que les « géants » de plusieurs kilomètres, par les vestiges historiques ou préhistoriques qu’ils recèlent ou l’histoire de la karstogenèse à laquelle ils participent.

Cependant, seules celles dont le développement ou la profondeur est supérieur à une vingtaine de mètres ont fait l’objet d’un recensement et d’une étude systématique, permettant par là même l’utilisation d’outils statistiques. Cela nous a amené à tracer, assez arbitrairement il faut le dire, une limite entre l’endokarst et l’épikarst:  seul le premier est abordé ici, et compte 283 cavités.

Une première étude, effectuée en 1994, avait donné le chiffre de 218 cavernes, lesquelles avaient été étudiées en fonction de leur répartition géographique et géologique (H. Abdul-Nour : Le cavernement au Liban. Spéléologie et interprétation des données. Annales de Géographie, vol. 15, 1994, Université Saint-Joseph ed., Beyrouth).

Par convention, les cavités de l’endokarst sont celles dont le développement ou le dénivelé est supérieur à 20 mètres. Ci-après se trouve la liste des cavités les plus importantes, rangées sur deux colonnes et par ordre décroissant  de développement ou de dénivelé.

Développements
1, m. Jiîta 9050 m
2, m. er-Roueiss 5066 m
3, m. Ain al-Libné 4560 m
4, h. Qattîne Azar 4365 m
5, m. Afqa 3600 m
6, m. Nabaa al-Chataoui 2550 m
7, m. al-Kassarate 2500 m
8, h. Faouar Dara 2500 m
9, m. Dahr al-Ain 1500 m
10, m. Nabaa al-Moutrane 1215 m
11, m. Nabaa er-Rahoué 1100 m
12, m. Saïdet Illige 1056 m
13, m. Salem 1020 m
14, m. Zod 1000 m
15, m. Mar Challita 1000 m
16, m. al-Haoua   950 m
17, m. al-Terrache   927 m
   
   
   

 

Dénivelés
1, h. Faouar Dara -  602 m
2, h. Qattîne Azar 515 m (-507, +8)
3, h. Ballouh Baatara -  255 m
4, h. Jouret al-Aabed -  244 m
5, h. Michmiché -  240 m
6, h. al-Badaouiyé -  205 m
7, m. Ain al-Libné 195m (-35,+160)
8, h. Othman Remaïhy -  163 m
9, h. al-Qeddèha -  158 m
10, h. Ballouh Balaa -  152 m
11, h. Tarchich -  147 m
12, m. Jiîta + 140 m
13, h. Jouret al-Houaïyé -  130 m
14, h. Blaïtat -  124 m
15, h. al-Atoué -  120 m
16, h. Jihad -  120 m
17, h. Alain -  116 m
18, h. Ain al-Qadah -  110 m
19, h. al-Hawayej -  110 m
20, h. Sehaïlé -  104 m

 

Les légendes et remarques qui suivent s’appliquent à la liste exhaustive des cavités endokarstiques qui vient après :

Légende :

  • Le signe (~ ) devant un chiffre veut dire que celui-ci est approximatif.

  • Lorsqu’il y a deux ou trois chiffres dans la colonne Développement et/ou Dénivelé, ce sont soit des indications de développement pour les gouffres, soit des dénivelés pour les grottes. Exemple : m. Kfar Zabad J8 : 125m (-26, +10). Cela signifie que dans cette grotte de 125m de développement on note 26m de profondeur à partir de l’entrée, et 10m d’escalade en hauteur, toujours à partir du niveau de l’entrée (soit un dénivelé total de 36m). Inversement, h. Faouar Dara K6 a une profondeur de 602m pour un développement approximatif de 2500m.

  • Géologie : : Jurassique ; : Cénomanien ; A-C : contact Albien-Cénomanien ;  CT : Cénomanien-Turonien ; Apt. : Aptien ; : Miocène ; : Eocène.

  • ydrogéologie : c. : Cours d’eau souterrain ne sortant pas par l’entrée de la cavité ; Ex. : Exurgence ; Pt. : Perte d’eau temporaire ; Rt. : Résurgence temporaire (à ne pas confondre avec une grotte de trop-plein ; le seul exemple connu au Liban (m. Nabaa al-Kiddab) fonctionne grâce à une perte d’eau temporaire de l’autre côté du massif) ; TP : cavité fonctionnant comme trop-plein.

  • h. = houet (gouffre) ; m. = mgharet (grotte).

Remarques :

  • Ce sont les coordonnées Lambert qui sont utilisées : X et Y sont en km et Z  représente l’altitude en mètres.

  • Pour de nombreuses cavités l’étage géologique n’a pas été clairement défini et les données de la littérature sont incertaines ou douteuses ; les cases  correspondantes ont donc été laissées en blanc.

  • Les coordonnées de tous les gouffres (houet) de la carte M7 (Afqa), sauf pour h. al-Saouda et h. Jouret al-Houaïyé, sont douteuses et sujettes à caution, les repérages sur le terrain étant très difficiles et aucune vérification n’ayant été possible depuis 25 ans .