Spéléo-Secours Liban

Des spéléologues entraînés aux techniques de secours sous terre et en canyon, associés aux organismes officiels s’occupant de sauvetage, ont formé depuis 1999 une équipe homogène de Spéléo-Secours. C’est un organisme indépendant qui possède sa propre structure. La gestion de l’opération secours ainsi que toute intervention sous terre et en canyon est sous la direction des spéléologues ainsi que sous la responsabilité de tous les intervenants maîtrisant les techniques spéciales de sauvetage.

Etre qualifié en Spéléo-Secours veut dire posséder de nombreuses notions : l’autonomie sous terre, la maîtrise des techniques de spéléologie alpine, la familiarisation des différentes techniques de secours et du secourisme médical spéléologique. Enfin et surtout, la remise en cause de ses propres connaissances et la connaissance des nouvelles techniques adoptées à l’échelle internationale.    

Il faut savoir qu’il n’est guère envisageable de donner une formation complète de secours en spéléologie durant un seul stage. Pour prendre conscience de ce problème et acquérir le maximum d’informations, il faut participer à des différents stages spécialisés. A titre d’exemple :

Perfectionnement des techniques alpines.
Perfectionnement des techniques de secours.
Secourisme médical spéléologique – Assistance Victimes.
Technique de désobstruction et de dynamitage sous terre.
Technique de secours en plongée subaquatique sous terre.
Gestion d’une opération de secours.
Survie et Secours sur Neige.



Le Spéléo-Secours est différent du secourisme appliqué par la Croix-Rouge, la Défense Civile et l’Armée, car devant un même état de détresse les gestes et les décisions techniques ne sont pas les mêmes en surface que sous terre :  

Ce n’est pas un secourisme de première urgence : L’accidenté attend des heures avant l’arrivée du secours.

C’est plus qu’un secourisme ponctuel : C’est un secourisme de longue durée qui demande beaucoup plus d’éléments de survie et de surveillance.

C’est un secourisme assez difficile, puisqu’il exige des connaissances spécifiques en matière de la technique de spéléologie alpine, des techniques de secours et d’assistance victime sous terre.

 

Historique

Le premier contact entre le Spéléo-Secours Français (SSF) et le Liban a lieu le 7-5-1983, suite à une correspondance envoyé par Pierre Rias directeur du SSF à Ahmed Malek, président du Spéléo Club du Liban (SCL). En 1991,  la Fédération Française de Spéléologique (FFS) a assuré aux membres du SCL un stage de formation spéléologique de 7 jours dont 3 consacrés aux techniques de secours. Entre 1993 et 2000 le SCL  a effectué des manœuvres de Spéléo-Secours sur le terrain, dont une qui s’est transformée en exercice réel, un coéquipier ayant subi une chute. 

En 1997, et dans le cadre du 12ème Congrès International de Spéléologie en Suisse, un Stage International de Spéléo-Secours de 10 jours est organisé par le SSF en Haute Savoie en juillet et août. 3 spéléologues  libanais y participent : deux membres de l’ALES (Fady Beaino et Badr Jabbour-Gédéon), un membre du SCL (Fady Aboujaoudé).

Grâce aux contacts réalisés par 2 membres de l’ALES (Badr Jabbour-Gédéon et Dany Khalaf, se trouvant alors en France) avec l’organisme du Spéléo-Secours Français (SSF), une correspondance électronique a été envoyée le 16 août 1998 par Christian Dodelin président du SSF, proposant l’organisation d’un stage secours au Liban entre les dates du 27 août et du 5 septembre 1999. Une copie de la correspondance a été envoyée aux clubs libanais.  

En automne 1998, 2 spéléologues de L’ALES (Badr Jabbour-Gédéon et Dany Khalaf) ont participé à un exercice régional organisé par le SSF dans le gouffre du Libanais à Flaine, France. Le blessé fictif se trouvait à une profondeur de 200m.

En Mai 1999, 25 membres de l’ALES ont suivi un Stage de Secourisme de 14 heures « Gestes d’Urgence » organisé par le Département d’Enseignement du Premier Secours de la Croix-Rouge Libanaise. 

Le 1er Stage National de Spéléo-Secours qui a eu lieu à Mnaitra (Liban), du 26 Août au 5 septembre 1999, a offert l’opportunité à tous les clubs libanais de travailler à l’échelle nationale. 37 adhérents y ont participé : 19 spéléologues de l’ALES maîtrisant les techniques verticales, 5 spéléologues du Groupe Spéléologique de Wadi Al Arayech (GSWA), un spéléologue du SCL à titre privé, un secouriste de l’Equipe du Premier Secours de la Croix-Rouge Libanaise, 3 cadres de la Réserve Afqa, ainsi que 7 membres et amis de L’ALES qui ont assuré le secrétariat et l’intendance. Ce stage a aussi mis à pied d’œuvre un accord tacite entre les autorités locales intéressées au domaine de secours : l’Armée  Libanaise, la Défense Civile, L’Equipe du Premier Secours de la Croix-Rouge Libanaise, la Gendarmerie et l’Equipe du Spéléo-Secours Liban. A la fin du stage, l’équipe constituée parvient à gérer une évacuation dans une cavité de 100 à 200m de profondeur.

Du 7 au 14 Novembre 1999, 5 spéléologues de l’Equipe Spéléo-Secours Liban (Badr Jabbour-Gédéon, Fady Beayno, Dany Khalaf, Rony el Hawa et Fady Semaan) ont participé au Stage International de Spéléo-Secours – Haute Garonne – Pyrénées, France. Ce stage est organisé par Bernard Tourte (Buldo) et toute une équipe de moniteurs comprenant 4 espagnols et 5 français. Les pays participants sont au nombre de sept : Liban, France, Espagne, Croatie, Canada, Bulgarie et Belgique.  Le stage s’est effectué à Arbas dans le fameux Réseau Trombe «la Coume Hyouarnède » (le plus grand développement de France (100 Km).

En Mars 2001, 25 membres de l’ALES ont participé au Stage Survie et Secours sur Neige organisé par le Département d’Enseignement du Premier Secours ainsi que l’Equipe du Premier Secours de la Croix-Rouge Libanaise. 

Du 24 au 27 Mai 2001, 3 spéléologues de l’Equipe Spéléo-Secours Liban (Badr Jabbour-Gédéon, Dany Khalaf et Michel Mansour) ont participé au Stage National Assistance Victimes 2001 à Saint Alban en Ardèche – France, organisé par Eric David, conseiller technique national (CTN) et cadre au SSF, avec la participation des instructeurs du SSF et de la Commission Médicale (COMED). Au total 15 participants français et libanais.

De 4 au 11 Novembre 2001, 4 spéléologues de l’Equipe Spéléo-Secours Liban (Badr Jabbour-Gédéon, Fady el Hawa, Ghada Salem et Joseph Tabet) ont participé au Stage International de Spéléo-Secours - Haute Garonne, Pyrénées, France. Ce stage est organisé par Bernard Tourte (Buldo) et Jean Marc Gibelin (Gibus) et toute une équipe d’instructeurs français. Les pays participants sont au nombre de 6 : Liban, Belgique, Espagne, Mexique, Brésil et Pologne.  Le stage s’est effectué à Arbas dans le fameux Réseau Trombe «la Coume Hyouarnède » (le plus grand développement de France (100 Km).

En Février 2002, 25 membres de l’ALES ont participé au Stage de Perfectionnement Technique de Survie et Secours sur Neige organisé par l’Equipe du Premier Secours de la Croix-Rouge Libanaise.

Depuis Janvier 1999 jusqu’aujourd’hui, les exercices secours et techniques se font en moyenne de 6 fois par an dans les rangs des membres de l’ALES et ceux qui désirent participer avec eux.

 
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Les accidents 

Les accidents recensés au Liban au niveau des clubs spéléologiques, depuis 1960 jusqu’au 2001, sont les suivants :

Typologie des accidents Nombre des accidents

Chutes avec blessures, sans fracture 

5

Chutes de pierres occasionnant des blessures 

4

Blocage par épuisement

3

Fractures

2

Rupture d’échelle (chute + blessure) 

1

Rupture d’amarrage (sans conséquences)

1

Hypothermie (gérée et soignée) 

1

Aucun accident mortel n’a eu lieu.

Ce faible taux d’accidents depuis 42 ans s’explique par les mesures draconiennes de sécurité qui sont appliquées dans tous les clubs et associations libanais pratiquant la spéléologie. Mais cela risque de changer à cause du désir croissant de la jeunesse libanaise de pratiquer les sports de plein air et les sports dits extrêmes, et cela se faisant sans aucune notion de sécurité élémentaire malgré l’effort de sensibilisation des professionnels à ce problème. De plus, le matériel adéquat nécessaire à ce genre de sport est disponible sur le marché libanais ce qui le rend accessible aux non initiés. 

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Interventions réelles à l’échelle nationale

31/12/2000

Dans le cadre d’une coopération tacite entre l’équipe de spéléologues formée en spéléo-secours et les différentes autorités gouvernementales et ONG (suite au premier Stage National de Spéléo-Secours au Liban, août septembre 1999 à Mnaitra), la Chambre des Opérations de l’Armée Libanaise avait été avisée par la Défense Civile et la police de la région d’Amioun de la présence d’un cadavre au fond d’un gouffre à Qalhat, Balamand. Le commandant Khalil Helou de l’Armée libanaise ainsi que le commandant  Bedran Zaidan de la gendarmerie d’Amioun ont contacté, dans la nuit de la Saint-Sylvestre (2000-2001) des membres spécialisés en spéléo-secours de l’ALES, pour la récupération du cadavre.

Préalerte générale dans les rangs des spéléologues de L’ALES. Le lendemain 8 membres se rendent sur les lieux, parmi lesquels se trouvaient 2 archéologues, guidés par la gendarmerie d’Amioun et les effectifs de l’Armée.

Entre-temps une préalerte du coordinateur de la Croix-Rouge libanaise et de l’Equipe du Spéléo-Secours a été lancée.

Ce n’est qu’un puits de 5 mètres qui s’ouvre en contrebas d’une falaise de quelques dizaines de mètres à Ouadi el Machaneq - Qalhat. L’entrée du puits, de 1m, a été élargie artificiellement. Cette entrée mène directement à un puits de 4,5m de profondeur.  La base du puits est légèrement rectangulaire et couverte entièrement de blocs. Deux membres de l’ALES, un archéologue spéléologue et un biologiste spéléologue, sont engagés dans le puits pour évaluer la situation.

Constat: le « cadavre » est en réalité un squelette disloqué. La couverture en nylon d’un passeport libanais, des semelles élimées, une ceinture en cuir signée YSL, des boutons de chemise, une montre Seiko avec les aiguilles arrêtées à 10h30 avec une indication de la date du jour (le 21), se trouvaient à proximité du squelette... Ainsi qu’une roquette au milieu de la salle !!

Ce rapport a été donné à l’équipe de surface qui a annulé toute alerte.

L’équipe du fond a demandé l’intervention d’un spécialiste militaire de déminage. Le dégagement de la roquette d’artillerie  a été réalisé par Joseph Safi de la gendarmerie d’Amioun.

Une documentation photographique et topographique détaillée du site ainsi que du squelette a été faite. En ce qui concerne les ossements, la dépose a été réalisée dans des sacs en plastique, d’une manière permettant au médecin légiste de les reconstituer pour une étude et un examen éventuel, afin d’en tirer toutes informations nécessaires sur l’âge de la personne, les circonstances et la date du décès.

Rôle du gouvernement et des ONG

Le gouvernement et les ONG  peuvent intervenir d’une façon directe ou indirecte :

  • Par la création d’accords gouvernementaux et bi-gouvernementaux qui facilitent la participation des membres de l’organisme du Spéléo-Secours à des stages locaux ou à l’étranger.

  • Par l’affiliation d’une équipe paramédicale formée de médecins d’infirmiers (projet en cours avec l’Equipe Médicale de l’Equipe du Premier Secours de la Croix-Rouge Libanaise) et d’une équipe de désobstruction et de dynamitage de l’armée qui suivra un entraînement spécial, (projet en cours avec l’armée libanaise).

  • Par la création de conventions entre l’équipe de Spéléo-Secours et les autorités sensibilisées par le domaine de secours.
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